May 25th, 2003 by léo

La semaine a été je dois l’avouer majoritairement passée à organiser le week end …

Voilà donc le deal: Lundi 26 mai ici c’est ferié (c’est le Memorial Day de la guerre de secession) donc on a un week-end de 3 jours. Mais forcément, vu l’ampleur de nos projets, ça ne nous suffit pas et on a donc décidé de prendre en plus notre Vendredi comme congé histoire de pouvoir profiter de 4 jours pleins !
Après une courte semaine pour tout organiser l’itinéraire est défini comme suit:

Vendredi Samedi Dimanche Lundi
Matin Départ à l’aube, traversée de Yosemitee Grasse matinée Descente du Grand Canyon Grasse matinée
Après-midi Traversée de la Death Valley (aux heures chaudes …) Route vers le Grand Canyon sur la Road 66 Remontée du Grand Canyon Retour sur San Francisco
Soirée Visite des Casinos du Strip (Part 1) ??? Visite des Casinos du Strip (Part 2) Repos bien mérité après un long week-end !

Un programme somme toute bien chargé ! Répondent présents à l’appel Sylvain G.,Stephen, Ludovic et bien sûr moi-même.
Malheureusement on ne sera que 2 conducteurs (Ludo et moi) car Steph et Sylvain n’ont pas les assurances adéquates pour pouvoir être des conducteurs additionnels sur ma voiture. Voiture qu’on a d’ailleurs échangée spécialement pour l’occasion; ce n’est donc pas dans une pov’ Saturne que nous roulerons mais une Pontiac Grand AM - incontestablement plus comfortable …

Le week end débute donc Jeudi soir par une petite soirée pizzas/bières/dvd chez moi. Après de brefs adieu à Julien C. qui a passé la soirée avec nous mais qui ne nous accompagnera pas (car il rentre passer une semaine en France), on charge mon coffre et les autres restent coucher à la maison histoire d’être sur le pied de guerre à 3h30.
Le lendemain matin c’est moi qui prend le premier tour de volant. Et c’est parti pour l’aventure !

Première bonne surprise la route pour la Death Valley passe à travers Yosemite… qui est encore tout enneigé !!! On se fait une petite pause escalade de rocher histoire de se détendre un peu les jambes.
Une fois les montagnes de Yosemite et ses routes tortilloneuses dépassées, on se retrouve sur des autoroutes typiquement américaines, c’est à dire toute droite sur des kilomètres. Je me laisse un peu aller et on se fait choper (au milieu de nulle part) par un flic. J’étais à 90miles/heure (~130km/h) au lieu de 65 (~100km/h). Heureusement on est sauvé par mon nom de famille: le flic croit que je suis allemand et donc habitué aux Auto-Strasse (autoroutes sans limite de vitesse) et nous laisse filer sans amendes. Ouf !
On repart donc à un rythme plus tranquille vers Lone Pine, dernière ville habitée avant la Death Valley, où on a décidé de s’arrêter pour déjeuner.

A midi tout rond on fait donc l’arrêt Pic-nic à Lone Pine, à l’ombre des arbres d’un parc providentiel au milieu de ce qui commence à sérieusement ressembler à un desert. Par contre pas de bol, certains sacs contenant notre pic-nic ont baloté au fond du coffre à la suite des quelques virages en épingle à cheveux qu’ils nous a fallu escalader pour traverser Yosemitee. Du coup on retrouve le sac de pain mie collé contre le jerrican d’essence. “hey les copains, vous trouvez pas qu’ils ont un drôle d’arrière goût les sandwichs ?”. Le pain a en fait complètement été inbibé de vapeur d’essence… C’est immangable! Et ce n’est donc qu’à moitié rassasiés que l’on pénètre dans la Death Valley, Ludo au volant …
Après un longue descente à travers un paysage de rock et de cactus on se retrouve à Furnace Creek, un des endroits les plus bas des Etats-Unis (80m sous le niveau de la mer) et aussi les plus chauds (hum, 46 degrés à l’ombre au mois de Mai). Il n’y a plus de doute la chaleur et les dunes de sable sont là pour le prouver on est bien au milieu d’un désert… Le plus débile c’est quand meme qu’en cet endroit reculé on tombe sur un motel avec piscine !!! Enfin bref, nous on reprend la route dans notre Pontiac qui Dieu merci est climatisée.

A Sec

Pour vous donner une idée de la chaleur, ouvrir la fenêtre de la voiture me faisait la même sensation qu’ouvrir la porte du four quand il marche à plein régime …

Sous cette chaleur d’enfer la voiture commence cependant à montrer des faiblesses et on flippe un peu en voyant l’aiguille de température du moteur s’approcher dangereusement de point de surchauffe. Du coup on écourte un peu notre traversée de la Death Valley et on prend un chemin de traverse… Tant pis pas de visite de mines d’or abandonnées ni du Devil’s Golf Course (célèbres formations rocheuses) pour ce voyage ci :(
On visite quand même une des villes fantômes dont pullule la vallée mais c’est ultra décevant: la ville est tellement fantôme qu’il n’y a plus rien qui tient débout excepté un saloon qui du coup est protegé des touristes par du gros barbelés.
Apres ça on file tout droit vers Vegas et quand je dis tout droit je deconne pas (si on a fait plus d’un virage c’est la fête).

Apres s’être presque perdus entre les multiples bretelles d’autoroute on arrive finalement à notre hotel en fin d’après-midi. Bonne surprise on a droit à une “free beer” chacun au bar de l’hotel. Mais bon avant tout on se fait un petit plongeon dans la piscine histoire d’oublier la Death Valley pour de bon :)
Bien Rafraîchis de l’extérieur on va profiter de nos bières gratuites pour se rafraîchir de l’intérieur… Installés au bar on s’apercoit enfin qu’on est plus vraiment dans le monde “normal”. Le bar c’est en fait un alignement de machines à sous à ecran tactile sur lesquelles on peut accessoirement poser sa bière …
Le vieux derrière nous gagne 2000$ et se fait féliciter par tout le monde et surtout par son créancier (le barman) qui du coup récupère presque tout le pactole …

Sur cet attristant constat on décide de décoller vers Las Vegas Bld (aussi appellé “the Strip”), le long duquel sont installés tous les casinos les plus célèbres.
Il est déjà 21h et après quelques premiers errements dans les champs de machines à sous on se pose dans un des restos du Mirage pour un “eat-all-you-can” à 16$. Saumon, déferlante de salades, fajitas, BBQ ribs et une panoplie impressionante de désserts. Soyons francs c’était super bon et j’ai beaucoup trop bouffé :) Parcontre le serveur était over-casse-couilles et je pense qu’il doit encore attendre son “tip”.

New York, New York

Une fois repus, on est repartis pour déambuler le long du Strip: Treasure Island, Le Paris, Le Caesar Palace, Le Bellagio, Le New-York New-York… Les hotels sont tous plus beaux, plus grands et plus extravagants les uns que les autres, les filles sont toutes tankées comme des gravures de mode, et partout résonne le bruit des machines à sous. On en oublie presque qu’il fait nuit tellement il y de néons qui clignotent partout… On finit quand même par se poser un petit moment au Bellagio devant des machines à sous pour dépenser les quarters accumulés durant ces 3 premiers mois de stage. Résultat: $24 dépensés et 22 gagnés… Je m’arrète là :)
Rentrage vers 2 heures et demi à la chambre d’hotel pour un bon dodo avant de reprendre la route vers le Grand Canyon.

Le lendemain malgré de grosses cernes sous les yeux on reprend donc la route. On avait prévu de décoller vers 10h du matin mais ça c’est transformé en départ vers midi, ce n’est pas trop grave on est encore dans les temps… Environ 4heures de route plus tard on arrive à Williams on se trouve notre hotel. On en profite pour poser les bagages et aller l’office du tourisme acheter le pass d’accès aux Parcs Nationaux Americains. On en profite aussi pour s’empifrer deux trois hamburgers au MacDo du coin. Puis direction Grand Canyon, North Rim pour aller assister au coucher de soleil :)

Trio

Bon soyons clairs on a beau en avoir vu des centaines de photos quand on arrive en face pour de vrai ça vous coupe le souffle! Première surprise: la soudaineté avec laquelle cette faille surgit… on conduit tranquillement à travers une forêt tout ce qu’il y a de plus banal quand soudain à notre droite les arbres s’éclaircissent et on apercoit a à peine une dizaine de mètres de nous le bord du canyon !
Et puis ce n’est qu’une fois au bord qu’on réalise vraiment les dimensions de cet édifice naturel… C’est non seulement extrèmement profond mais aussi extrèmement large. Un ranger nous a conseillé un bon spot pour assister au coucher de soleil et on s’y rend d’un pas rapide. Bon c’est un peu trop frequenté à mon gout mais c’est vrai que la vue y est incomparable :)
On prend quelques photos et une fois la nuit tombée on s’en retourne… Mais un problème se pose: il fait désormais totalement nuit et ça semble donc vachement dur de retrouver la voiture (reserve naturelle oblige on peut se brosser pour qu’il y ait des lampadaires), surtout quand en plus, on ne se rappelle plus sur quel parking on l’a garée !
C’est un peu le plan galère… On se retrouve à marcher de nuit, sans lampe de poche, en longeant le bord d’un des plus profond canyons du monde, un peu risqué tout ça! Heureusement la nuit est claire et on y voit assez pour ne pas poser nos pieds n’importe où. Finalement on retrouve la voiture, c’est la seule qui restait encore là, et après un petit pic-nic de nuit au bord du canyon avec ce qui rstait de comestible dans le coffre, on se rentre vers Williams.
Pas encore totalement extenués, on décide d’aller trainer dans ce qui est de toute évidence la seul bar de la ville… hum, très typique… Au fond un chanteur très mauvais nous casse les oreilles avec un melting-pot de rock, pop et country, à notre droite un groupe de macheurs-de-chewing-gum-bouche-ouverte-a-l-accent-nasillard joue au billard, et au bar, deux trois pelerins en bottes de cuir et chapeaux de cowboy sirotent leurs bières en reluquant une serveuse pas si mignonne que ça. L’ambiance me fait tout à fait penser au style “une nuit en enfer” ou des ‘touristes’ débarquent dans un bourbi a priori innocent mais qui se revèle être un repère de vampires… pas vraiment rassurant!

Pendant que Steph et moi sirotons une bière, Ludo et Sylvain décident de se faire une partie de palet (un genre de curling sur table très répandu par ici) et se font rapidement accoster par un type à la dégaine de Joe L’Indien. Le monsieur après deux trois phrases de courtoisie nous propose je cite de la Californienne ce que nous n’avons identifié qu’après un certain moment comme étant des prostituées… Pas éffaré le moins du monde par notre refus il rencherit en nous offrant de la marijuana puis après un second refus de la coke !!! Ça commence à craindre vraiment trop Ludo et Sylvain finissent vite fait leur partie puis on se rentre fissa à l’hotel et hop, au dodo.
Le lendemain matin on est sur le pied de guerre à 9h (enfin presque) pour partir en rando dans le grand canyon. On est au bord du gouffre prêt à attaquer la descente à environ 10h30. Il fait bien chaud mais la descente se fait assez vite on est sur le plateau qui délimite la mi-chemin entre notre point de départ et le fond du canyon vers 13h. On n’ira pas plus bas faute de temps. Après un leger pic-nic on décide de traverser le plateau jusqu’au centre du canyon où on a apparemment un point de vue imprenable sur le fond du canyon et sur le colorado (fleuve y coule). Entre notre point de pic nic et le centre du canyon il n’y a plus aucune ombre… Il est près de 14h et ces 3 miles aller et retour de rando (bien que sur du plat) sont exténuantes.

Et c'est reparti!

Cela dit ce n’est rien par rapport à la remontée du Canyon sur laquelle on enchaîne imédiatement! Les 950m descendus de matin de paroi rocheuse et il va malheureusement pour nous falloir les remonter en plein cagniard! Chacun prend ses distances marchant à son rythme, on croit tous mourrir pendant un moment, mais finalement on arrive tous en haut à peu près en même temps vers 16h45!
Sur ce on reprend la caisse et on repart direct vers Vegas pour une deuxième nuit de folie dans la ville du jeu.

Cette deuxième nuit à Vegas est beaucoup moins excitante que celle de l’avant-veille… D’une part parce qu’on a tout déjà plus ou moins vu et d’autre parce que nos muscles meurtris par la rando nous empêchent un peu de déambuler à notre guise…

On traverse donc tout le strip en voiture pour se rendre au Luxor, un des seuls hotels qu’on a pas encore vu. Décors pharaonesque mais très décevant donc on ne s’attarde pas et on remonte vers le New York - New York. Le plan de base c’était d’aller au bar “Coyote Ugly” voir le show des serveuses qui ont inspiré le film “Coyote Girls”. Mais bon même pour ça on est trop crevé alors on se pose devant des machines à sous avec une Smirnoff Ice et on se contente de regarder la retransmission du show sur une télé en dépensant nos dernières piècettes :)

Sur le chemin du retour on cherche désespérement une machine à sous qui accepte les pennies (= 1 cent)… après avoir écumé 2 ou 3 casinos on arrive tristement à la conclusion que ça n’existe pas. Dommage j’en avais tout un sac à écouler!
Du coup, on préfère rentrer se coucher. Le sommeil est lourd et le réveil difficile. On reprends la route direction SF seulement vers 11h. Peu après avoir laissé derrière nous les derniers casinos de l’agglomération de Vegas, la galère commence: des encombrements à perte de vue! Et on voit très loin puisqu’on est en plein milieu d’un désert!
On roulera donc au pas presque jusque Los Angeles… C’est moi qui conduis et je commence sérieusement à être à bout de nerf quand on arrive à Bakersfield, je laisse donc le volant à Ludo.
On décide de s’arrêter à une station service le temps de faire le plein et d’établir un itineraire bis… Là aussi c’est la queue: à la pompe, aux toilettes et à la caisse. Il nous faut, encore et toujours, faire preuve d’une patience infinie. Tout ça commence sérieusement à nous gacher la fin de ce week-end !
Surtout que chez nous les esprits s’échauffent sur un débat qui tend à deteminer s’il est plus judicieux de faire des pauses pendant que ça roule bien ou bien pendant les embouteillages… je vous dit pas le niveau :)

On s’en sort quand même sans en venir aux mains, heureusement. En plus une fois rendus sur la Five, le traffic se fluidifie et tout de suite ça détend l’atmosphère! Du coup on en profite pour s’arrêter bouffer. Enfin s’arrêter, pas vraiment, on prend juste un Burger King en drive-through parce que vu le retard accumulé dans les encombrements, il se fait tard! La voiture (cf photos) souffrira beaucoup de ce passage au drive-through (j’en profite d’ailleurs pour rappeler que ce qu’on appele couramment Drive-In en France s’appelle en fait Drive-Through ici, ce qui, quand on y pense est beaucoup plus logique).

La Five de jour (on l’avait prise seulement de nuit en revenant de L.A) c’est assez impressionant…. Sur presque tous les sommets de collines s’étendent des champs d’éoliennes. On se dit “ah ces Californiens ils assurent, sources d’énergies alternatives, propres et tout. La classe!”. Et puis quelques kilomètres plus loin on tombe sur le plus grand élevage de bovins qu’on ait jamais vu. Des milliers de veaux sont parqués dans un énorme champs, collés les uns contre les autres avec à peine la place de se mouvoir. Des jets d’eau les arrosent comme si c’etait un champs quelconque de céréales, pour, je suppose, qu’ils ne meurent pas de deshydratation (le coin est toujours à moitié désertique et il fait très chaud). Ça pue le fauve à des miles à la ronde, à tout point de vue c’est un horrible spectacle. J’ai un peu honte du burger que je viens de m’enfiler. Et là on se dit “les ricains et l’ecologie, c’est dans le cul ouais!!!”.

Au final on sera de retour à la maison vers 23heures. On est tous bien crevés et bien heureux. Le week end a été formidable mais bon ce soir là, poser enfin ma tête sur mon oreiller est de loin ma plus grande satisfaction tellement je suis crevé.

Le retour au boulot le lendemain sera rude mais bon ca valait le coup non ?

Comments (1)

  1. 01gravatar

    Impressive Knowledgebase.

Leave a Reply